Jour J-6 : Focus sur «Touche pas à ma pote!», une initiative signée ELLE Belgique

Qui ne connaît pas ELLE, ce magazine féminin qui parle de ce qui fait et de ceux qui font l’actualité depuis 1945 ?… Cela doit bien faire vingt ans (déjà !) que je lis l’édition française. Alors quand en septembre 2003, ELLE lance le mensuel ELLE Belgique, sa 36ème édition internationale, vous n’imaginez pas quelle fût ma fierté ! J’ai toujours ce premier numéro que je conserve tel un collector !!! Dix ans plus tard, ELLE Belgique se retrouve partenaire du blog pour cet anniversaire, comme quoi… Pour moi, c’est un honneur mais plutôt que de vous parler du magazine proprement dit, j’ai eu envie de revenir sur « Touche pas à ma pote ! », cette campagne lancée en septembre dernier et visant à lutter contre le harcèlement de rue et le sexisme au quotidien. Interview de la rédactrice en chef de l’édition francophone, Béa Ercolini.

Mais avant…

Pour savoir ce qu’est « Touche pas  ma pote ! » ou TPAMP en abrégé,  il faut se rappeler que tout a commencé en septembre dernier avec le débat suscité dans nos médias et chez nos politiques, suite à la diffusion sur la RTBF de « Femme de la rue », un documentaire de Sofie Peeters. Celle-ci nous faisait partager en caméra cachée le harcèlement et les remarques sexistes dont elle était victime dans son quartier, situé au centre de Bruxelles. Surréaliste dans la capitale de l’Europe et malheureusement véridique !!! S’en est suivie une levée de boucliers de tous bords… Menacée, la jeune femme n’a eu d’autre choix que de déménager et c’est ainsi qu’ELLE Belgique a pris le relais pour porter le débat au plus haut niveau et faire bouger les choses. L’initiative « Touche pas à ma pote ! » était née…

Béa, si vous deviez résumer TPAMP en quelques mots, lesquels choisiriez-vous? Et pourquoi ?

TPAMP est une campagne contre le harcèlement de rue et le sexisme au quotidien. Lancée par ELLE Belgique, elle est devenue entre-temps une entité indépendante sous la forme d’une association sans but lucratif (asbl).  Elle bénéficie également du soutien de femmes engagées, dont trois ministres. Sofie Peeters, réalisatrice du film « Femme de la rue », en est la marraine d’honneur.

Qu’est-ce qui vous a motivée à vous impliquer aussi personnellement dans ce projet?

En tant que rédactrice en chef d’un magazine féminin, en tant que femme, qu’amie, que maman, je me sens solidaire avec les autres filles et femmes. On ne peut pas les laisser seules face à cette forme de violence que représente le harcèlement de rue et les attitudes sexistes en général !. C’est pourquoi TPAMP prône la mise en place de campagnes de sensibilisation (ou le fait elle-même !), d’une meilleure éducation à ce sujet mais aussi de sanctions et d’une loi contre le sexisme.

Comment expliquez-vous le succès retentissant de TPAMP ?

En quelques semaines, le groupe sur Facebook a réuni quelques 6000 membres. Vous trouverez sur Scoop.it un portofolio reprenant tous les articles de presse écrite, radio et télé publiés également sur la fanpage TPAMP sur Facebook.

Les raisons d’un tel succès ? Je l’explique avant tout par l’emprunt de la petite main jaune à une campagne antiraciste datant des années 80, qui positionne d’emblée la campagne : tolérance zéro contre le sexisme, tolérance zéro contre le racisme, c’est le même combat et c’est surtout inscrit dans l’ADN du ELLE, un magazine qui s’engage depuis toujours auprès des femmes.

En terme d’actions concrètes, où en est-on quatre mois plus tard?

Nous avons commencé par scotcher 35.000 stickers repositionnables sur le numéro de septembre de ELLE Belgique. Nous avons depuis distribué un millier de stickers en plus et 6000 badges, gratuitement. L’agence JWT nous a offert la conception d’une campagne d’affichage. La photographe Charlotte Abramow nous a offert ses photos. La campagne est désormais nationale avec, en néerlandais, le slogan « Handen af ! Stop seksisme. » La société de transport STIB a mis à notre disposition un tram que nous avons customisé à l’image de la campagne, et qui roulera dans Bruxelles pendant six mois, soit jusqu’à la fin mai.

Quelles sont les initiatives prévues en 2013?

Nous travaillons sur un bus TPAMP à Liège. Les écoles d’Uccle et de Schaerbeek devraient distribuer des badges TPAMP le 8 mars. Nos projets : mieux développer l’action en néerlandais; faire réaliser une étude sur le phénomène des insultes de rue, organiser une journée de séminaire sur la question ainsi qu’une rencontre d’ados couplée avec l’émission « Quand les jeunes s’en mêlent »… Et organiser une grande soirée le 8 mars pour réunir des fonds.

Les relations homme-femme, le harcèlement, les inégalités… sont l’affaire de tous et toutes. Qu’auriez-vous envie de dire aux lectrices du blog par rapport à TPAMP ?

Plutôt que les mots, je choisirais une image:

Et n’hésitez pas à rejoindre notre combat ! Vous trouverez toutes les informations sur les façons de s’engager sur le blog.

Quant à l’engagement d’ELLE Belgique dans un événement comme l’anniversaire du blog ?

Cela fait partie de la mission du ELLE de soutenir les blogs et plus généralement de relayer les initiatives belges quand elles sont originales et créatives. C’est le cas de « Nappy is Beautiful! », évidemment, et je me réjouis de fêter cet anniversaire avec vous.

 

Pour en savoir plus sur « Touche pas à ma pote ! », cliquez ici. Il existe également un groupe et une page dédiés sur Facebook.

Source (illus) : © elle.be – Montage illus: © nappyisbeautiful.be/ Tous droits réservés ©

 


One Response to Jour J-6 : Focus sur «Touche pas à ma pote!», une initiative signée ELLE Belgique

  1. En gros à Bruxelles c’est comme dans les banlieues françaises. Si on pouvait virer tous les c#%@ qui nous emm….%% quand on marche ce serait sympa.

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